Des travailleuses à nouveau en grève dans un salon du boulevard

04/03/2026

Des travailleuses à nouveau en grève dans un salon du boulevard

Depuis mardi 3 mars 2026, les travailleuses du salon de coiffure Sabadou & Jade, situé au 65 boulevard de Strasbourg, sont en grève illimitée. Elles dénoncent des conditions d'exploitation, des salaires impayés et des risques sanitaires liés à l'usage de produits toxiques.
Nous apportons tout notre soutien à ces femmes courageuses et nous associons à leur combat contre des gérants et propriétaires aux méthodes mafieuses. 
Ce conflit rappelle une crise déjà dénoncée il y a dix ans et impose une réaction immédiate de la Mairie pour mettre fin à l'impunité et transformer radicalement l'offre commerciale du quartier.


Le mouvement social qui s’est ouvert au 65 boulevard de Strasbourg n’est pas un incident isolé. Il met une nouvelle fois en lumière les conditions de travail précaires au sein de commerces du quartier. Il est le cri de détresse de travailleuses confrontées à une violence sociale inacceptable.
Les grévistes dénoncent, avec l'aide de la CGT,  des salaires impayés, une absence totale de droits sociaux et des conditions sanitaires déplorables. 

Télécharger le tract CGT Paris

 

Un soutien sans faille, face à l'exploitation des femmes
Nous apportons toute notre solidarité aux grévistes. Nous condamnons avec la plus grande fermeté les agissements de gérants et de propriétaires dont les pratiques, s’apparentant à des réseaux mafieux, prospèrent sur la misère humaine et l'opacité financière. Il est inadmissible qu’en 2026, au cœur de Paris, de tels systèmes d'exploitation puissent perdurer.
Ce scénario est une amère répétition de la grève de 2014-2015. Le constat est sans appel : en dix ans, rien n'a changé. Cette inertie est le fruit d’une mono-activité commerciale qui favorise ces dérives et dégrade notre cadre de vie. 
Nous demandons à la Mairie de passer à l’action pour reprendre le contrôle du boulevard.

 

Nos solutions pour une transformation structurelle
Pour mettre fin à cette précarité et redynamiser notre tissu commercial, nous exigeons l'application d'un plan d'action massif reposant sur trois leviers :

 

  1. Une politique proactive de préemption et de rachat de locaux commerciaux
    La Mairie doit s'engager dans le rachat de gré à gré ou la préemption de locaux commerciaux avec un budget dédié à notre quartier, à l'instar des opérations menées par Georges Sarre sur le boulevard Voltaire dans le 11e arrondissement. Seule une maîtrise foncière permettra de briser la dynamique mafieuse exploitant les travailleuses.
  2. Une gestion rigoureuse des baux commerciaux par les bailleurs sociaux.
    Les bailleurs sociaux doivent engager une diversification des activités en rez-de chaussée de leurs immeubles, en mettant en œuvre :
    — Le contrôle strict de l’application des baux et le non-renouvellement de ceux créant des nuisances ou ne contribuant pas à la dynamique de quartier.
     — L'insertion systématique d'une clause d'incessibilité (ou restrictive de cession) pour permettre au bailleur de contrôler l’activité future lors d’une cession de bail.
      — Une vigilance accrue pour s'assurer que ces commerces ne servent pas de façades à des activités illicites et n’exploitent pas les travailleuses.
  3. Une expérimentation du droit de préemption ou rachat de gré à gré de baux commerciaux.
    Conformément au vote du budget participatif de 2021 et à l’exemple du quartier Latin en 2024, exercer le droit de rachat de gré à gré des baux commerciaux et mettre en place la préemption de baux commerciaux par la mairie, avec une dotation dédiée à notre quartier.

 

Seule la convergence de ces mesures permettra de mettre fin à la misère vécue dans ces salons et de restaurer une attractivité commerciale dans le quartier.

 

 

 

 

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